
La Fin De L'année, Pas La Fin Du Monde!
Comme n’importe quel quidam l’année 2018 est passée de vie à trépas très vite pas le temps de comprendre ! ? Était-ce une crise cardiaque ? Un accident vasculaire cérébral ? L’ a-t-on retrouvée gisante au sol sous les décombres des détritus des confettis des perles tombées… qui l’a balayée et poussée vers la porte l’abandonnant aux rats des coins de rue ou aux mains aguerries expertes en fouilles d’un SDF de quartier qui ne désespère pas de remonter le temps et de lui régler son compte car seul lui est responsable de sa déconfiture aujourd’hui ? Morte de regrets et d’espoirs avérés avoués vains, inassouvis, morte de temps morts infligés si souvent au cours de l’année et qui se retrouvent écrasés comme des feuilles mortes craquant sous les pas des innocentes âmes ? Morte l’année 2018. Comme un pauvre hère, sans obsèques sans funérailles sans pleurs sans cortège sans héritiers à départager sans oraison sans personne pour en porter le deuil, l'année 2018 cède dans l’instant et dans l’indifférence sa place à l’année 2019. Qui a eu pitié de son âme, qui l’apercevant au milieu des ordures, les dernières de l’an, l’a ramassée et déposée dans un tiroir au milieu des lettres surannées, dans un coin du jardin ou rien ne pousse, dans sa poche en attendant une bonne idée pour sa sépulture, aux pieds du lit du vieux malade espérant la délivrance, prêt à échanger sa vie contre celle de quelque enfant, adolescent, ou jeune adulte livrant l’ultime bataille à une affection mortelle ? Et pourquoi font-ils la fête ? Tous ces gens, partout, dans les quatre coins de la terre, dans les palais les chaumières et même dans la rue ? Cherchent-ils à transcender leur soumission aux heures qui fuient et qui ne leur laissent aucune chance de les retenir pour tenter d'en faire quelque chose ? Cherchent-ils à noyer le poisson alors qu'ils se noient dans le désarroi de leur vacuité qui glisse dans le fil du temps qui n’attend pas ? Cherchent-ils à prendre leur revanche, sur la méga puissance du temps qui ne meurt que pour renaître en célébrant sa petite fin à lui ( qu’ils croient ! ) par une grande fête folle où tout est permis jusqu’au feu d’artifice ? Libérant ainsi leurs pulsions de vie dans celles de la mort, faisant vibrer leur corps vivant à la seconde de la mort de l’autre ? Oui car à cet instant le temps devient l’autre, l’ennemi à abattre. Alors la victoire inédite se doit d’être célébrée ! Et de manière spectaculaire mémorable dans l’oubli total des tracas des restrictions des difficultés quelles qu’elles soient. Ce n’est pas le moment de compter face au temps dont on célèbre la fin, on est ivre de joie de n’être pas parti avec ... Célébrons notre vie réfléchissons plus tard. C’est ainsi que les décès, les départs devraient être honorés : c’est l’autre qui part qui ne le sait même pas qu’il part qu’il est mort, alors chantons la vie et pour commencer la nôtre, la vôtre, la sienne, la tienne, la mienne : chin ! chin ! C’est la fête de tout ce qui s’en va et qui s’en va pour toujours. On se promet de faire avec.