
A Toi La Femme
Sur le visage trace le temps Sur le sable déride le vent Dessine et souffle Les lignes courbes Formes et visages Déforme l’image Montre les ravages Sur ton miroir Fidèle et pourtant Au fil des jours Un rien changeant Pour jouer des tours Redessiner les contours Des rêves et des amours Le vent sur le sable Passe et repasse Les poussières et les cristaux Font et défont Les images Les paysages Mémoire fragile Capture insensée Tout passe et s’efface Toi aussi Regarde et passe Ne fige pas l’image Contente-toi de la retenir En toi invisible En toi indicible Ne te torture pas Entend le vent Regarde le sable mouvant Pense plutôt à ça souvent Laisse le vent chanter Laisse le temps passer C'est son droit Ta jeunesse effacer Car le temps c’est du vent Prends le comme ça Fais corps avec le vent Abandonne toi à lui Deviens sa fiancée Son épousée Sa promise Te torture pas Avance marche Sur ce sable mouvant Fin et odorant Gouttes-en le sel de ta vie Fais corps avec les ans Fais corps avec le temps Abandonne lui tes peurs Sans pleurs sans fleurs Deviens Sa fiancée Son épousée Sa promise Sans promesses Circulez Y’a rien à voir Rien à regarder En ce jour dérisoire Triste mémoire Dans les vagues Roule roule enroule Dunes ou vagues Largue les amarres Le tableau beige ivoire Le vague à l’âme De tous les soirs Vent vent vent Rien que du vent Circulez Rien à regarder Rien à garder Soufflez Chantez Le tableau beige ivoire Sable, pas ciboire Inutile écritoire Point de scribouillard Nul ne viendra voir Avec ou sans pouvoir Ce qui s’efface Avant d’être donné à voir Sur le visage la trace du temps Sur le sable les rides du vent